L’étrange expertise de l’OMS sur le Bisphénol A

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il est prématuré de prendre des mesures de santé publique concernant le Bisphénol A. en tout cas c’est la conclusion de l’avis rendu récemment par l’organisme onusien.

Mais une telle conclusion donne l’impression que l’on manque de données scientifiques, or on dispose aujourd’hui de près de 500 études publiées selon les règles de la déontologie scientifique, dans des revues à comité de lecture c’est-à-dire validées par les pairs, peut on lire dans un communiqué de presse.

Il faut savoir que le Réseau Environnement Santé effectue une veille scientifique systématique depuis avril 2009, qui montre que 95 % des études menées chez l’homme et l’animal mettent en évidence un effet sanitaire.

L’étrange expertise de l’OMS sur le Bisphénol A

Le bisphénol A est connu pour s’extraire des plastiques spontanément à très faible dose [réf. souhaitée] et plus significativement s’il est nettoyé avec des détergents puissants ou utilisé pour contenir des acides, ou des liquides à hautes températures.

95 % des échantillons d’urine collectés auprès d’adultes américains contenaient des niveaux quantifiables de BPA. Il peut être accumulé dans les tissus gras. La contamination humaine se fait essentiellement par ingestion mais un passage par les voies respiratoires ou la peau est possible.

Le Bisphénol A, constitutif de nombreux récipients alimentaires en plastique est un xénoestrogène stable et résistant. Or le BPA est un leurre hormonal, capable de « mimer » l’effet des hormones sexuelles féminines qui ont un rôle dans la fonction de reproduction, mais aussi le développement d’organes comme le cerveau ou le système cardio-vasculaire.

Massivement produit et dispersé dans l’environnement depuis quelques décennies, il est déjà couramment retrouvé dans l’organisme d’une large majorité de la population, quel que soit l’âge, et notamment chez les enfants. On en trouve maintenant dans presque tous les organismes vivants, ainsi, Park et Choi ont établi le EC50 du BPA à 0,2 mg⋅l−1 et à 3,3 mg⋅l−1 le LC50 pour les larves aquatiques Chironomus tentans.

La prévalence du toxique est reconnue importante chez l’homme selon diverses études (93% des urines contiennent du BPA à faible niveau, mais aussi bien davantage de glucuronide, qui est le sous produit de métabolisation, excrété en quelques jours). Le risque d’effets est controversé, car les concentrations corporelles (33-80ng/kg) sont 1 000 fois inférieures à la réglementation EPA/US, mais produisent des effets avérés chez les rongeurs. Or, les rongeurs semblent métaboliser moins le BPA et y être plus sensibles, 10 fois en ordre de grandeur. Les nourrissons sont les plus à risque (leur exposition pouvant être douze fois plus élevée que celle des adultes).

Le degré de toxicité et d’écotoxicité du Bisphénol A, et secondairement la « dose journalière admissible » sont encore discutés, et ont surtout été étudiés chez le rat de laboratoire, pour ses effets sur le cerveau, sur la reproduction des mâles mais plusieurs indices laissent penser que ce produit pourrait aussi toucher l’organisme humain :

La Food and drug administration (FDA) qui avait initialement déclaré le BPA sans danger en 2008, est revenu sur son avis, sur la base de nouvelles études concluant à « des effets potentiels sur le cerveau et sur la prostate des bébés et des fœtus ». La FDA a ensuite encouragé l’initiative des industriels américains de ne plus utiliser de BPA dans les contenants d’aliments pour bébés et souhaite que le BPA ne soit plus utilisé dans les revêtements intérieurs de boîtes de conserves.
le 5 février 2010, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (Afssa) a rendu un avis sur le bisphénol A. L’Afssa dit constater des « effets subtils » sur le comportement de jeunes rats exposés in utero, ce qui l’incite à « poursuivre son travail d’expertise pour comprendre ces signaux d’alertes ».
Un avis qui ne satisfait absolument pas les médecins de l’Association Santé Environnement France qui y voient là un symbole du grand écart entre les préoccupations quotidiennes des gens et les abstraites recommandations des agences de l’État Voir leur positionnement de médecins de terrain. En Avril 2010, l’AFSSA a estimé qu’il n’y a « pas de raison de modifier les habitudes alimentaires », mais que « la protection des consommateurs doit être renforcée, et le niveau d’exposition de la population réduit ». L’AFSSA se fonde sur 769 échantillons d’aliments et sodas analysés, ayant montré des teneurs variables, inférieures au seuil de détection jusqu’à 17 microgrammes par kilogramme (µg/kg) d’aliment voire atteignant 128 µg/kg dans les conserves de légumes, poissons et plats cuisinés. Suite à ce travail, l’agence en appelle à une mobilisation de l’industrie (…) pour mettre au point des substituts du BPA pour les usages alimentaires et à une réévaluation des limites de migration spécifique du BPA.
En attendant, l’AFSSA recommande un étiquetage systématique des produits contenant du BPA que les consommateurs ne chauffent pas ces produits trop longtemps. La présence de BPA dans les aliments est principalement due à sa migration à partir des matériaux au contact, ce phénomène étant accentué par le chauffage.

Un avis et un rapport de l’Agence européenne de la sécurité alimentaire (EFSA) sont attendus en mai 2010.

Des études ont montré (sans que d’éventuels liens de causalité directe soient déjà identifiés et compris) qu’un taux urinaire élevé de ce produit était corrélé avec un risque plus élevé

– de diabète,

– de maladies cardiovasculaires

– d’anomalies du bilan hépatique.

– de moindre efficacité de chimiothérapies chez les patients cancéreux.

Parmi les effets attendus et mieux compris ; en tant que perturbateur hormonal, il s’est montré capable d’affecter la reproduction d’animaux de laboratoire et il pourrait être un des nombreux facteurs de délétion de la spermatogenèse chez l’homme.

Chez le lapin, à faible dose (1 picogramme), il peut inhiber l’érection du pénis suite à des modifications des tissus du corps caverneux. Plus la dose de BPA est importante, plus les tissus sont dégradés par augmentation de collagène fibreux, dépôts de graisse, hyperplasie et fibrose.

La souris de laboratoire CD1, exposée in utero à de faibles doses de BPA, accouche de mâles présentant une prostate plus lourde et un épididyme diminué, alors que les femelles présenteront des altérations du développement des glandes mammaires.

10 μg/kg/jour (taux proches des valeurs d’exposition actuelles d’une femme enceinte) suffisent pour induire chez la souris des anomalies de développement de la prostate fœtale (ce qui rend plausible un risque accru de cancer ultérieur.)

En 2007, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) notait en conclusion de son rapport sur le Bisphénol A, sa présence dans les canalisations de transport de l’eau potable et les conteneurs. Elle préconisait que des études soient menées sur la possible propagation de cette substance dans l’eau. L’EFSA fixa alors la dose journalière admissible (DJA) à 0,05 milligramme/kg (= 50µg/kg) de poids corporel pour cette substance, taux retenu par l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Une enquête récente a détecté des traces de bisphénol A dans les urines de 91% des Canadiens, à raison en moyenne de 1,16 μg par litre d’urine, soit un taux proche de ceux relevés (concentrations moyennes ou médianes) ailleurs allant de 1 à 3 μg·l-1. Au Canada toujours, les 12-19 ans sont plus touchés (1,5 μg en moy.), alors que les taux les plus faibles sont détectés chez les plus de 60 ans (0,9 μg en moye). Selon l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) il serait en France d’environ 1 μg·l-1.

Depuis le 18 avril 2008, Santé Canada, l’office public de santé du Canada, a classé le bisphénol A au rang de substance dangereuse. Le Canada a été ainsi le premier pays à classer au rang des toxiques cette substance, ce qui doit amener États-Unis et Union européenne à se prononcer. Le produit a ainsi été interdit dans certains Etats américains (Chicago, Minnesota, Connecticut et Suffolk County), tandis que les sénateurs Dianne Feinstein (dém., Calif.), Charles E. Schumer (dém., N.Y.) et Edward J. Markey (rép.) ont déposé une proposition de loi visant à son interdiction pour tout contenant de boisson.

Le 15 août 2008, un rapport de la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis concluait que ce produit ne posait pas de problème de santé humaine aux niveaux d’exposition habituels pour l’homme; ce constat n’est pas partagé par de nombreux scientifiques, y compris au sein d’un groupe consultatif de la FDA qui accuse l’agence de ne retenir que les arguments avancés par les études financées par l’industrie du plastique et d’ignorer une centaine d’études, créant « un faux sentiment de sécurité », alors que d’autres rapports ou études alertent sur les risques liés à ce produit. L’agence s’est engagée à réétudier la question, ce qui l’a amené à renverser partiellement sa position: si elle n’a pas interdit le Bisphénol A, ni contraint les producteurs à afficher la présence de Bisphénol sur les étiquettes (ce dernier étant classé « additif alimentaire ») faute, dit-elle, de preuves suffisantes, elle conseille le public de minimiser son exposition à ce produit. Ayant lancé une enquête dotée d’un budget de 30 millions de dollars sur deux ans pour étudier le Bisphénol, elle souligne que 90% de la population américaine présente des traces de bisphénol dans son urine et se déclare particulièrement soucieuse des effets du Bisphénol sur les foetus, les bébés et les jeunes enfants. L’industrie du bisphénol produit plus de 6 millions de tonnes par an de ce produit.

Le 30 septembre 2010, l’Agence européenne de sécurité des aliments rend un avis concluant qu’il n’existe aucune nouvelle preuve les amenant à reconsidérer la DJA fixée à 0,05 mg/kg de poids corporel et considère qu’il n’est pas dangereux pour la santé.

L’OMS base son raisonnement sur le fait que le BPA n’est pas stocké et est éliminé rapidement. C’est exact, mais ce raisonnement est curieux, car, si le BPA est effectivement éliminé rapidement, l’exposition de la population est quotidienne, peut on lire dans un communiqué de presse.

L’OMS conteste par ailleurs une source de contamination via les papiers thermiques, alors que l’étude récente de l’INRA Toulouse montre que le BPA peut pénétrer la peau , ce qui suggère un risque pour les salariés exposés professionnellement comme les caissières. Cette donnée permet d’expliquer pourquoi ce groupe de population est le plus imprégné en BPA, comme cela a été mis en évidence dans une étude américaine récente.

Cependant, la position de l’OMS n’est pas conforme au principe de précaution, lequel principe devrait guider ses prises de position. Dans la mesure où on dispose d’indications de toxicité, il est nécessaire d’agir sans attendre d’avoir la preuve définitive, apprend t on dans le même communiqué de presse.

Il y’ a de quoi se poser des questions puisque ces erreurs grossières du rapport de l’OMS laissent planer un doute sur la déontologie de l’expertise de ce groupe et sur la façon dont sa composition a été effectuée.
http://www.actualites-news-environnement.com

Une preuve de plus que l’OMS est profondément corrompue.
Tenter de faire croire aux gens que ces produits chimiques n’ont pas d’effets sur leur santé, LOL, même les enfants le savent…

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