Les entreprises privées à nouveau plus sûres que les Etats….

Au XIXe siècle déjà, en réponse aux guerres napoléoniennes, les taux d’intérêt payés par les Etats avaient coutume d’être très supérieurs à ceux des banques d’investissement. Mais une telle constellation ne s’était plus produite depuis 1948 dans les pays industrialisés

La France doit payer un taux d’intérêt de 2,8% sur sa dette, l’Italie de 3,9%, l’Irlande de 6,8% la Grèce de 11,5%. A l’inverse de ces pays lourdement déficitaires, la Suisse offre un taux de 1,5%. Les écarts sont pires qu’au cœur de la tempête qui a soufflé sur l’eurozone ce printemps. Un événement nouveau s’est toutefois produit sur le marché du crédit. Les Etats les plus endettés ne sont plus considérés comme plus sûrs que les grandes entreprises privées de ces pays. Leur risque de défaut est supérieur à celui des sociétés. Ce signal envoyé aux autorités politiques mérite une analyse.

Au XIXe siècle déjà, en réponse aux guerres napoléoniennes, les Etats n’étaient pas de bons débiteurs. Leurs taux d’intérêt avaient coutume d’être très supérieurs à ceux des banques d’investissement*. Mais une telle constellation ne s’était plus produite depuis 1948 dans les pays industrialisés. Aujourd’hui, le risque des banques Intesa San Paolo, Monte dei Paschi et Banca Nazionale del Lavoro, mesuré par le risque de défaut (CDS), est inférieur à celui de l’Etat italien. En Grèce, le risque de défaut de Hellenic Telecom est cinq fois plus bas que celui de l’Etat. En France, celui de France Telecom est inférieur à celui de l’Etat français. Ce prix n’est pas une estimation lancée au hasard d’une réunion politique, mais celui que paient effectivement les investisseurs et entreprises. S’ils se trompent, ils en subissent les conséquences sur leur propre porte-monnaie. Au contraire du marché des CDS, réservé aux professionnels, on n’observe pas encore un pareil phénomène sur le marché obligataire.

Depuis 1948, la plus grande sécurité à l’égard des titres de l’Etat était intimement liée à l’introduction sur une grande échelle de l’impôt sur le revenu. Les Etats gagnaient une source de financement supplémentaire, stable et considérable. Le risque de faillite chutait fortement et les taux d’intérêt s’inscrivaient logiquement en dessous de celui des entreprises. Mais les excès étatiques ont tué la poule aux œufs d’or.

L’explosion des dépenses publiques, la polarisation de la politique et l’augmentation de l’économie souterraine, en réponse à une perte de confiance envers les politiques fiscales, ont invité les marchés financiers à revoir leur opinion. «Nous revenons au monde d’avant l’introduction de l’impôt sur le revenu et de l’impôt indirect», analyse Willem Buiter, économiste de Citigroup et ancien économiste du FMI. L’impôt sur le revenu a été introduit bien avant 1948 en Europe. Il date de 1789. La Grande-Bretagne l’avait introduit pour financer la guerre contre la France. Il fut ensuite aboli, puis réintroduit, à nouveau aboli et à nouveau réintroduit. Son poids dans le financement de l’Etat a littéralement explosé après la Seconde Guerre mondiale.

Ce changement de sentiment sur l’écart de risques entre entités privées et publiques est problématique. Les marchés signalent un profond scepticisme sur la capacité des Etats à se financer. Les résultats des élections dans les différents pays d’Europe ne laissent planer aucun doute. Les partis qui ne jurent que par les hausses d’impôts ne sont plus entendus. Les socialistes rétorquent que la crise traduit le besoin de mettre fin au libéralisme. Mais le citoyen n’a pas besoin des médias pour s’apercevoir que l’Etat prend plus de 50% de la richesse nationale et que ce sont les errements réglementaires et politiques qui ont conduit à la crise.

Qu’importe cette érosion de la signature, dira-t-on. L’Etat ne peut pas faire faillite. Certes une différence de nature existe entre un emprunteur privé et un emprunteur public. L’Etat ne peut cesser d’exister. Il paie ses intérêts selon son bon vouloir, lequel dépend de son analyse des coûts et bénéfices d’un défaut de paiement. Le créancier peut difficilement forcer un débiteur souverain à payer son dû. L’histoire n’a pas toujours été aussi tendre avec lui: Le Newfoundland a perdu sa souveraineté en 1933 pour être intégré au Canada, après un défaut de paiement résultant des effets de la dépression. La Grande-Bretagne avait pour sa part coutume d’envahir les Etats qui ne payaient pas leurs dettes, à l’image de l’Egypte en 1882 et de la Turquie en 1876

La sanction d’un défaut souverain paraît ridicule. Le pays est exclu temporairement du marché des capitaux. Mais cette décision pénaliserait le système bancaire et les entreprises auraient encore plus de difficultés à se financer. L’exclusion est plus douloureuse qu’il n’y paraît. D’ailleurs, son retour pourrait prendre d’autant plus de temps qu’il refuse de se réformer. Dans les années 1980, la durée d’exclusion d’un pays en défaut atteignait 4,5 ans en moyenne, dans les années 1990 3,5 mois. Mais il serait dangereux de s’en tenir à des moyennes.

Le choix d’annoncer son défaut est d’autant plus «attractif» que le niveau d’endettement est élevé, le déficit public primaire (hors frais financiers) bas et la volonté d’avoir un accès aux marchés financiers élevée, selon Willem Buiter. Chaque Etat dispose d’alternatives au défaut de paiement, mais elles ne sont pas indolores: ajustement fiscal, monétisation de la dette (impossible pour la Grèce), sauvetage par des tiers, réformes structurelles. La décision de défaut, par exemple pour la Grèce, doit aussi être confrontée au risque de défaut des banques allemandes et françaises. Par l’effet des vases communicants, un défaut grec pourrait mettre à genoux les banques françaises et allemandes. La première crise de la dette internationale avait d’ailleurs éclaté lorsque le roi d’Angleterre Edouard III a fait défaut sur sa dette en 1340 après une série de défaites militaires. Par ricochet, les plus touchées ont été les banques italiennes. La banque Peruzzi dut faire faillite.

La Grèce pourrait être le premier pays industrialisé depuis 1945 sur la triste liste des débiteurs souverains en faillite. D’autres parient sur l’Irlande. En Grèce, les milliards du FMI, de la BCE et des Etats de l’eurozone n’ont permis qu’à gagner du temps. Grec lui-même et professeur d’économie à l’Université de Berne, Harris Dellas critique la politique de son pays dans Finanz und Wirtschaft. A son avis, le gouvernement doit préparer soigneusement le défaut et la restructuration de la dette. Il n’a entrepris que des réformettes. Presque toutes les branches restent cartellisées et personne n’accepte le changement.

Un libéral peut se réjouir du sort subi par les Etats ultra-keynésiens. Mais les victimes de ces errements risquent d’être nombreuses. Le capitalisme a besoin d’un Etat réduit à ses fonctions régaliennes et délesté de ses excès de redistribution, mais pas d’un Etat en faillite
le temps.ch

Et wé, c’est ce que Rocard a compris, le rouleau compresseur des multinationales va détruire les états nations et permettre l’établissent du NWO, l’entreprise sera la bras armée des élites pour à la fois nous controler, nous manipuler et nous esclavagiser.
Bienvenue dans le communisme privé, synthèse du communisme et du capitalisme avec la Chine comme porte étendart.

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