L’islamophobe Geert Wilders, clef du futur gouvernement

Le leader populiste et xénophobe négociera, à partir de lundi, son soutien à la future coalition de droite entre Libéraux et Chrétiens-Démocrates. Le virage à droite des Pays-Bas ne fait plus de doute

«Ne pas voir» pour parvenir à gouverner. Preuve de la délicate situation politique engendrée aux Pays-Bas par les législatives du 9 juin, le futur gouvernement néerlandais reposera sans doute sur un accord tacite entre les partis conservateurs et l’extrême-onction pour «ignorer volontairement leurs désaccords».

A partir de lundi, le parti Libéral VVD, vainqueur du scrutin avec 31 députés, et le parti chrétien démocrate CDA, grand perdant avec 21 députés contre 41, commenceront à discuter de leur plate-forme de gouvernement avec celui dont leur sort dépendra au États Généraux, le parlement de La Haye: le parti de la liberté (PVV), anti immigration et anti-islam, emmené par Gert Wilders.

Conduits par le président du parti Libéral VVD Ivo Opstelten, ces pourparlers devraient accoucher d’un gouvernement pour le début septembre. Mais le virage post-électoral pris par le pays ne pouvait pas être plus radical: d’abord désireux de former une sorte d’union nationale avec les travaillistes (30 sièges), les écologistes et les démocrates de gauche de D66, les Libéraux ont finalement abandonné cette option car elle les aurait obligé à renier leur promesse d’économiser 18 milliards d’euros de dépenses publiques avant la fin de la législature, en 2015. Ce que la gauche, emmenée par l’ancien maire d’Amsterdam Job Cohen, n’a pas voulu cautionner.

Résultat: le VVD se retrouve, pour concrétiser la victoire électorale historique de son leader Mark Rutte, obligé de passer sous les fourches caudines de l’extrémiste Geert Wilders. D’autant que ce dernier, fort des 24 sièges remportés le 9 juin et persuadé de progresser encore aux élections régionales de mars 2011, devrait rester en dehors du gouvernement. La formule sur laquelle travaille le négociateur nommé par la Reine Béatrix est similaire à celle en vigueur au Danemark, où la coalition de droite gouverne depuis les législatives de 2007 avec le soutien du parti du peuple (Extrême-droite).

Pour y parvenir, la solution serait un accord de gouvernement «gedoogakkord» (faire semblant de ne pas voir), dans lequel le parti de la liberté de M. Wilders et ses partenaires gouvernementaux identifieront par écrit leurs sujets de désaccords, tout en s’engageant à ne pas provoquer de crise à ce propos. Les slogans électoraux du PVV, sur l’instauration d’un impôt pour les foulards islamiques, ou l’interdiction du Coran, seraient mis de coté. Même si le négociateur Ivo Opstelten a lui-même reconnu «qu’il restait beaucoup de questions en suspens».

Le partage des ministères se fera ensuite entre les Libéraux et les Chrétiens-démocrates qui étaient d’abord opposés à une telle formule et envisageaient une cure d’opposition après la cinglante défaite infligée à leur premier ministre sortant Jan-Peter Balkenende. Le tournant a toutefois été pris devant l’impasse des pourparlers, sous l’impulsion de l’ancien chef du gouvernement Ruud Lubbers, qui dirigea dans le passé à Genève le Haut Commissariat pour les Réfugiés de l’ONU.

Une telle coalition de droite, si elle aboutit, disposera de 76 sièges au parlement sur 150, donc d’une très courte majorité. Elle sera en minorité au Sénat. De quoi renforcer le pouvoir d’influence de Gert Wilders sur le futur Premier ministre Mark Rutte qui, tout en ramenant les Libéraux à la tête du pays pour la première fois depuis plusieurs décennies, se retrouve très vulnérable. La polémique sur l’immigration et l’Islam risquent en plus de redémarrer très vite avec les prochaines échéances électorales et le retour en cours du contingent néerlandais en Afghanistan, qui a commencé son retrait le 1er août.
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Une Réponse to “L’islamophobe Geert Wilders, clef du futur gouvernement”

  1. dootjeblauw Says:

    Excellent article! Le gouvernement précédent étant tombé à cause de la volonté par les partis de droite de prolonger la participation du contingent militaire hollandais en Afghanistan (le parti travailliste avait fait la promesse de retirer les troupes en août 2010), les médiateurs de droite et la reine (c’est elle qui décide au final) ont décidé cette coalition pour « stabiliser » le gouvernement. 18 milliards d’euros d’économies dans le secteur public et un gouvernement droite-droite-extrême-droite, autant dire qu’on serre les fesses ici!

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