Après la déflation, il ne faut pas oublier l’inflation…

Voilà qui est très troublant, cher lecteur. Paul Krugman a raison… du moins sur un point.

« Nous sommes aujourd’hui, je le crains, dans les premières phases de la troisième crise », a écrit le prix Nobel dans un éditorial du New York Times mardi. Il a ainsi trempé les orteils dans une piscine autour de laquelle nous hésitons depuis un bon moment.

« Cela ressemblera sûrement plus à la Longue Dépression [de la fin des années 1800] », continue Krugman, « qu’à la Grande Dépression, beaucoup plus grave. Mais le coût — pour l’économie mondiale et surtout pour les millions de vies ruinées par le manque d’emplois — sera sans aucun doute énorme ».

L’admettre nous est particulièrement difficile, au point que nous avons failli nous étouffer avec notre tartine de ce matin, mais… Krugman a raison.

Enfin, du moins jusqu’à ce qu’il suive son commentaire d’un conseil à l’attention des dirigeants présents au G20 : cette crise sera en réalité un « échec de la politique… les gouvernements sont obsédés par l’inflation alors que la vraie menace, c’est la déflation ; ils prêchent la réduction des dépenses alors que le vrai problème, ce sont des dépenses mal choisies ».

▪ La déflation aujourd’hui, l’inflation ensuite. Là, nous sommes d’accord. Mais comment allons-nous régler une crise des dépenses si nous dépensons plus ? Et si nous empruntons pour dépenser ? Qu’en est-il des déficits et des dettes sous lesquels nous croulons déjà ?

La crainte de Krugman vient du fait que la délégation américaine du G20 s’est décidée à mettre en place des « mesures d’austérité » après le sommet. Eux et d’autres économies développées ont préparé des plans budgétaires qui vont réduire les déficits de moitié d’ici 2013 et stabiliser ou réduire le ratio dette /PIB des gouvernements d’ici 2016″, explique le gros titre du rapport des réunions du week-end.

Mais au final, nous ne pensons pas que Krugman doive s’inquiéter de quoi que ce soit. Dans les premières minutes de notre film I.O.U.S.A, nous avons fait un montage des différents présidents en train de déclarer la guerre aux déficits et à la dette de la nation, en remontant jusqu’à Eisenhower.

Nous pourrions ajouter à cette liste cette fameuse promesse publiée dans une page d’opinion du Wall Street Journal en 2007, et signée du président d’alors, George W. Bush. « Nous pouvons rééquilibrer le budget fédéral d’ici 2012. Début février, je soumettrai un budget qui fera exactement cela ».

« Trop de gens », répond Dan Amoss, rédacteur de Strategic Short Report, « confondent l’activité économique, mesurée par le PIB, avec le progrès économique. Le progrès implique généralement une augmentation du niveau de vie entraînée par une augmentation de la productivité et une baisse des prix à la consommation ; comme ça s’est passé lors de l’industrialisation des Etats-Unis à la fin du XIXe siècle ».

« La route vers la servitude telle que définie à l’origine par Hayek emmène désormais l’économie mondiale sur l’un de ces deux chemins : »

« Des plans d’austérité douloureux et une déflation qui détruiraient ce qui reste du système de devises d’aujourd’hui en mettant en avant l’épargne et en encourageant la formation de nouvelles richesses ; ou des injections de relance sans fin dans les économies avec la promesse d’austérité ‘dès que l’économie se sera remise d’aplomb’. »

« Le second chemin est le plus probable d’après moi, parce qu’il est plus populaire d’un point de vue politique — surtout une fois que le camp des ‘pro austérité’ en Europe découvrira à quel point leurs économies sont dépendantes de l’Etat-providence. Avec un peu d’espoir, une masse de personnes critiques qui préfèrent la liberté à l’illusion d’une sécurité économique peuvent nous aider à nous défaire du pouvoir effrayant des gouvernements et des banques centrales ».

Mais d’après les prises de décisions dont nous avons été témoins ces dernières années — des décisions guidées principalement par des considérations politiques — je n’ai pas beaucoup d’espoir.

« Malheureusement, la plupart des économies occidentales sont aujourd’hui complètement dépendantes des dépenses gouvernementales. Chacune des injections fiscales et monétaires dans les banques zombies va devoir être de plus en plus importante pour effacer les symptômes de manque causés par la perte du dernier plan de relance ».

« Les entrepreneurs ont tout compris à ce jeu et cessent progressivement de participer de manière saine et productive à l’économie. Cette perte de la confiance des entrepreneurs dans le système va finir par accélérer la chute de toutes les devises papier ».

Amen !
chronique agora

On est pas sortis de l’auberge, en même temps on le sait, c’est déja ça, pensez à ceux qui croient que tout va bien, les pauvres, ils vont tomber de haut…

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