Los Angeles Times : l’Administration US prévoit de rester en guerre pour les 80 prochaines années …

Quelle est la marge de manoeuvre de Barack Obama pour mettre fin aux guerres initiées après le 11/9 ? On ne peut évidemment pas s’arrêter à son discours devant les troupes à Baghram ou encore à ses sorties sur la menace nucléaire terroriste, qui semblent davantage guidées par une certaine propagande déjà souvent employée mais qui connaît ses limites. Au-delà de ces discours, quelle est véritablement sa vision de l’avenir du monde et de la place des États-Unis sur le futur échiquier international ? Le député de Californie Tom hayden nous dresse ici un tableau consternant de ce qui ressort de certains documents décrivant la « Longue Guerre » voulue par certains milieux de l’Administration US.

Sans débat public et sans en référer au Congrès, certains responsables du Pentagone et des personnes partageant la même optique ont fait leur une doctrine dite de la Longue Guerre, qui prévoit un
« arc d’instabilité » s’étendant de l’Europe à l’Asie du Sud du fait de groupes rebelles et dont la durée serait de 50 à 80 ans. Selon l’un de ses architectes, l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan ne sont que « de petites guerres au sein d’une
grande. »
Considérez l’aplomb d’une telle idée. Une guerre non déclarée de 80 ans engloberait les 20 mandats présidentiels à venir, s’étendant loin dans le futur d’électeurs encore à naître. Le coût humain pour les États-Unis des interventions en Irak et en Afghanistan approche maintenant des 5000 morts, nombre à multiplier par un coefficient élevé pour obtenir le nombre de blessés. En tenant compte des morts américains du 11-Septembre, nous voilà à 8000 morts jusqu’à présent, dans cette première décennie de la Longue Guerre. Et si les forces armées américaines sont déjà fortement sollicitées aujourd’hui, essayez de vous représenter sept autres décennies de combat.
Le coût économique est également inimaginable. Selon les économistes Joseph E Stiglitz et Linda Bilmes, la guerre d’Irak coûtera à elle-seule 3 000 milliards de dollars. Ces coûts, ajoutés aux programmes déficitaires des dernières années, « ne laissent virtuellement aucune marge de manoeuvre aux initiatives intérieures de Monsieur Obama et de ses successeurs, » selon une analyse budgétaire réalisée par le New York Times en février. Le fait de continuer à financer la Longue Guerre par du déficit budgétaire dépouillera les jeunes générations d’aujourd’hui des ressources nécessaires à leur avenir.
Le terme «Longue Guerre» a été appliqué pour la première fois en 2004 aux conflits post- 11 Septembre impliquant l’Amérique par le général John P. Abizaid, alors à la tête de l’ U.S. Central Command , et par le Chef d’État-major des Armées, le général Richard B. Myers, en 2005, alors qu’il s’apprêtait à partir à la retraite.
Selon David Kilcullen, un conseiller haut placé en contre-insurrection auprès du général David H. Petraeus et partisan de la doctrine de la Longue Guerre, le concept a été affûté depuis « une succession de bureaux aveugles enfouis à l’intérieur du Pentagone » par une petite équipe qui a réussi à faire pression pour que le terme soit intégré en 2006 dans la Quadrenial Defense Review, le schéma militaire à long terme de la nation. Le Président George W. Bush a déclaré lors de son allocution sur l’État de l’Union en 2006 que « notre propre génération est engagée dans une longue guerre contre un ennemi déterminé. »
Le concept a petit à petit gagné en crédibilité. Un reporter du Washington Post reconverti dans l’écriture, Thomas E. Ricks, a utilisé « La Longue Guerre » comme titre de son livre sur l’Irak publié en 2009, dans lequel il prédisait que les États-Unis n’en étaient qu’à la moitié de leur phase de combat sur ce théâtre d’opérations.
L’expression s’est immiscée dans le langage juridique. La juge de la Cour d’appel fédérale Janice Rogers Brown, enfant chérie de la droite américaine, a récemment émis un avis en faveur de la détention permanente des prisonniers parce que sinon, « chaque campagne réussie dans une longue guerre déclencherait l’obligation de relâcher les combattants taliban capturés lors d’affrontements antérieurs. »
Parmi les analystes de la Défense, Andrew J. Bacevich, un vétéran du Vietnam qui enseigne à l’université de Boston, est le critique le plus en pointe de la doctrine de la Longue Guerre, dénonçant le fait qu’elle soit issue « d’un petit groupe de spécialistes auto-entretenus et auto-proclamés » qui voient l’opinion publique comme « un objet de manipulation » dans la mesure où ils ne lui accordent pas la moindre considération.
La Longue Guerre a atteint un rythme de croisière, bien que le terme soit absent de la Quadrenial Defense Review divulguée par le Secrétaire à la Défense Robert M. Gates en février. Un commentateur a noté la préférence affichée dans le document pour en finir avec « nos guerres actuelles avant de penser aux suivantes. »
Toujours est-il que nous menons des guerres qui s’enchaînent les unes aux autres sans qu’il soit possible d’y voir clairement un terme. Les divisions politiques en Irak pourraient compromettre le retrait complet des troupes U.S. prévu pour 2012.
Alors que le niveau des troupes diminue en Irak, il a été porté à 100.000 en Afghanistan, où l’émissaire Richard C. Holbrooke a eu cette fameuse formule selon laquelle la réussite sera acquise « quand nous la verrons. » La guerre afghane a repoussé al-Qaïda au Pakistan, où des officiers de renseignement U.S. collaborent clandestinement avec l’armée pakistanaise. Récemment, nos forces spéciales ont monté des opérations clandestines au Yémen.
Ça ne finit jamais. L’expert britannique en sécurité Peter Neumann a dit au King’s College que l’Europe était le « centre névralgique » du Jihad mondial du fait des terroristes immergés dans des havres protégés par des lois garantes des libertés civiques. Cela pourrait-il signifier que l’OTAN serait amenée à occuper l’Europe ?
Il est temps que la Longue Guerre soit placée sous les projecteurs et fasse l’objet de consultations aux Congrès et d’examens par les médias. Le peuple américain a droit à la parole dans la détermination d’une stratégie qui affectera son futur et celui de ses petits-enfants. Il existe au moins trois importantes questions à traiter lors de débats publics :
Quel est le rôle de la Longue Guerre dans la politique des États-Unis aujourd’hui ? Est-ce que le Pentagone ou le président peuvent imposer de telles décisions bellicistes sans débat et sans ratification du Congrès ?
Qui exactement est l’ennemi dans cette Longue Guerre ? Est-ce qu’al-Qaïda (ou le «fondamentalisme islamique») est considéré comme un ennemi unifié au même titre que la «conspiration communiste internationale» était censée l’être ? Est-ce qu’une Longue Guerre peut être engagée avec un simple blanc-seing pour agir contre tout groupe décentralisé situé dans n’importe que pays, de l’Europe à l’Asie du Sud ?
Par-dessus tout, quel sera le coût d’une Longue Guerre mesuré en dollars payés par le contribuable américain, en vies d’Américains, et en respect du monde extérieur envers l’Amérique ? Est-ce tenable ? Sinon, quelles sont les options alternatives ?
Le Président Obama a implicitement fait part de son propre désaccord avec la doctrine de la Longue Guerre sans en rejeter ouvertement le terme. Il a plaidé pour un retrait de toutes les troupes U.S. d’Irak d’ici à 2012, différant en cela de ceux qui, comme Ricks, prédisent la poursuite des combats, aboutissant à une occupation à la façon de la Corée. Obama plaide également pour entamer le retrait des troupes américaines d’Afghanistan d’ici à l’été 2011, par opposition à ceux qui exigent que nous restions jusqu’à une victoire non définie. Obama a dit aux cadets de West Point que « l’engagement de nos troupes en Afghanistan ne peut pas être indéfini, car la nation que je suis le plus intéressé à construire est la nôtre. »
Ces perspectives sont naïves aux yeux des néoconservateurs et de certains, au Pentagone, pour qui la Longue Guerre remplit le vide laissé par la fin de la Guerre Froide.
Ils essaieront de piéger Obama dans une Longue Guerre en exigeant des bases permanentes en Irak, en ralentissant les retraits américains d’Afghanistan les réduisant à un goutte-à-goutte, et en défendant les opérations secrètes au Pakistan. Là où la violence s’embrase, il sera blâmé pour s’être désengagé prématurément. Là où la situation se stabilise, il lui sera suggéré par ses conseillers que c’est grâce au fait d’avoir maintenu des bottes sur le terrain. Nous continuerons à dépenser des dollars que nous n’avons pas dans des guerres sans fin.
Les questions latentes doivent être débattues maintenant, avant que le futur lui-même ne soit configuré pour la guerre.
par Tom Hayden, Los angeles Times 1er avril 2010
Traduction Gavrouchka pour ReOpenNews

(*) Tom Hayden était un leader des mouvements des étudiants, des droits civiques, pour la paix et pour l’environnement dans les années 1960. Il a effectué 18 années comme membre de l’Assemblée législative de Californie, où il a présidé des comités sur le travail, l’enseignement supérieur et les ressources naturelles. Il est l’auteur de dix livres, parmi lesquels «Street Wars» (New Press, 2004). Il est professeur à l’Occidental College, à Los Angeles, et a été intervenant à l’Institut de Politique de Harvard à l’automne dernier.
http://www.reopen911.info/

Ce n’est que par la guerre que les USA tentent de conserver leur leadership, et paradoxalement c’est cette politique qui les poussent à la faillite et à la perte de leadership.
Historiquement, la naissance et la mort des empires repond toujours aux mêmes schemas, trop d’argent dépensé pour sécuriser l’accès à l’energie et aux ressources, et un budget de la défense faramineux qui vampirise les recettes et bloque un développement économiquement sain.

La doctrine dite de la Longue Guerre, voila le projet des élites US et occidentales, les anglais d’ailleurs l’avaient déja annoncé il y a quelques semaines:
\" Le rôle de l’armée britannique évoluera, mais le processus complet pourrait prendre entre 30 et 40 ans.” en parlant de l’Afghanistan.
La guerre, voila le projet, une guerre sans fin, à la 1984, l’Estasia étant l’arc Maroc-Indonésie, tout un programme, avec une diversion par la Chine. La volonté de créer du chaos se manifeste avec la carte proposée par un officier américain, un certain Ralph Peters, même si la carte n’est pas définitive, elle donne une idée de ce que les américains flanqués d’alliés de circonstance sont pret à faire pour à la fois sécuriser l’accès au pétrole et au gaz mais surtout garder l’initiative stratégique en étant un facteur d’instabilité poussant les états ennemis à devoir réagir en fonction des États-Unis.

et après :

Les États-Unis n’existent qu’avec la guerre et le complexe militaro-industriel flanqué de réseaux à la solde d’intérets privés voire de pays étrangers, on connait tous la puissance de l’AIPAC. Le CFR, PNAC sont les plus connus, ce sont ceux qui ont le plus influencé la politique étrangère américaine. Mais l’usage de la guerre par les états unis est plus profond que ça, en tant que nation totalement sous l’emprise des élites dégénérés satanistes, toutes les actions militaires américaines sout doublées d’une sorte d’aura purement malsaine, une dimension satanique avec une symbolique maçonnique. Je sais que ça fait très propagande irakienne ou iranienne, mais je pense qu’il est juste de qualifier les USA de Grand Satan.

Le monde étant ce qu’il est aujourd’hui, les années à venir ressembleront à ce qui c’est passé entre 1936-1945, une sorte de monté en puissance des forces du Mal avec comme résultat la destruction et la mort dans le monde entier.

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