L’école au bord de la «catastrophe»

Le gouverneur de Floride, Charlie Crist, s’est opposé à un projet de loi de salaire au mérite des enseignants proposé par les députés républicains. En Californie, au bord de la banqueroute, les licenciements se comptent par milliers

Les enseignants de Floride se sont passé le mot. Ils ont inondé leur gouverneur, Charlie Crist, de lettres de remerciement. Bien que républicain, l’homme politique s’est converti en héros pour ces représentants de la fonction publique. Dans une Amérique qui ne sait plus comment faire fonctionner ses écoles, le gouverneur vient de faire barrage à un projet de loi aux allures d’épouvantail: le salaire au mérite.

Rendre «enfin efficace»

Finies, les grilles de salaires fondées sur le nombre d’années et l’expérience. Terminés, les contrats à vie, une fois que le professeur est engagé. La proposition des parlementaires de Floride visait, selon ses promoteurs, à rendre «enfin efficace» le système éducatif de l’Etat. Elle entendait introduire des contrats d’engagement renouvelables d’année en année. Avec un critère central: le nombre d’élèves réussissant les examens et leur taux d’admission dans des hautes écoles prestigieuses. Faute de résultats, l’enseignant n’aurait eu droit à aucune augmentation de salaire. Mieux: les moins performants auraient été licenciés. Séance tenante.

Cette mesure, dans sa radicalité, aurait représenté une première à l’échelle des Etats-Unis. Les professeurs de Floride, qui sont déjà parmi les moins bien payés du pays, ont manifesté un peu partout. Ils ne doivent leur salut qu’au gouverneur, qui s’est opposé in extremis à signer le texte de loi. Ce geste a d’ailleurs fini de placer Charlie Crist en décalage vis-à-vis des républicains. L’homme a décidé d’abandonner son parti et de se présenter à sa propre succession en tant que candidat indépendant.

Ce n’est pas la première fois que ce type de débat surgit en Amérique. Mais, aujourd’hui, il est rendu brûlant par la situation économique et les menaces qui pèsent sur les comptes des Etats. En Californie, un autre gouverneur, Arnold Schwarzenegger, s’est montré moins conciliant. Il devrait approuver une loi qui vise, elle aussi, à mettre fin aux augmentations de salaire automatiques basées sur le nombre des années. Selon le texte qui est actuellement discuté à Sacramento, les directeurs des écoles auront le droit de choisir eux-mêmes les professeurs à licencier. Ni l’expérience ni l’appartenance aux puissants syndicats de l’enseignement ne représenteront désormais un obstacle.

A proprement parler, les responsables des Etats n’ont plus guère l’embarras du choix. Dans une Californie au bord de la banqueroute (sa situation financière est plus grave que celle de la Grèce), Arnold Schwarzenegger a accepté de couper 17 milliards de dollars de financement dans l’éducation ces deux dernières années. L’Etat a mis à la porte 16 000 enseignants l’année dernière, et 26 000 supplémentaires devraient suivre en 2010. Cette razzia concerne avant tout les professeurs jeunes, les plus faciles à licencier. Or, ces nouveaux arrivés, notent les défenseurs de la loi, sont souvent les plus motivés, et ceux qui sont prêts à amener des améliorations dans un système éducatif californien considéré comme l’un des «moins performants» du pays.

Face à cette situation, l’administration américaine s’alarme. En tant que candidat à la présidence, Barack Obama avait promis de mettre en place un système qui permettrait d’engager «un million de professeurs supplémentaires» en dix ans. Son secrétaire à l’Education, Arne Duncan, qui avait fait ses preuves en donnant un coup de fouet à l’enseignement à Chicago (Illinois), parle aujourd’hui de «catastrophe» à l’échelle du pays. On estime que quelque 300 000 enseignants pourraient être licenciés à travers les Etats-Unis d’ici à la fin de l’année. La perspective de voir les effectifs des classes grimper à 40 ou 50 élèves est envisagée dans certains Etats.

Le salaire au mérite? Même avec des réserves, Barack Obama ne s’y est jamais montré totalement opposé. Et, avec des budgets à sec, Arne Duncan sermonnait le mois dernier des enseignants «trop timorés» à l’heure «de récompenser et d’encourager» les meilleurs d’entre eux. Au même moment, dans l’Illinois, 15 000 enseignants manifestaient dans la rue, chantant à l’unisson leur mot d’ordre: «Je veux qu’on augmente mes impôts.»
le temps

J’aime bien les articles du temps, le tableau est consternant, c’est du délire comple l’école publique aux États-Unis. C’est pas incroyable de lire ça :

 » En Californie, un autre gouverneur, Arnold Schwarzenegger, s’est montré moins conciliant. Il devrait approuver une loi qui vise, elle aussi, à mettre fin aux augmentations de salaire automatiques basées sur le nombre des années. Selon le texte qui est actuellement discuté à Sacramento, les directeurs des écoles auront le droit de choisir eux-mêmes les professeurs à licencier. Ni l’expérience ni l’appartenance aux puissants syndicats de l’enseignement ne représenteront désormais un obstacle. »

Alors qu’il y a des milliers de millionnaires et une centaine de milliardaire dans cet état, Schwarzenegger est vraiment à la masse, le pays se délite tout doucement, les villes se réduisent à coup de buldozer, les prisonniers sont libérés, les tribunaux ferment, comme les écoles. Petit à petit le profils des terroristes ressemble de plus en plus à des citoyens lambda, même chez les terroristes musulmans, comme djihad jane et Faisal Shahzad. Sans parler des milices toutes dépeintes comme des extrémistes incultes.

La Californie vire 42 000 professeurs, les USA 300 000, c’est une catastrophe, déja que ce n’était pas fameux l’école aux USA, les enfants de 10 ans sont mal barrés, la depression va durer des années.

Heureusement qu’il y a des gens qui relèvent le niveau :  » 15 000 enseignants manifestaient dans la rue, chantant à l’unisson leur mot d’ordre:  » Je veux qu’on augmente mes impôts.  »

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Une Réponse to “L’école au bord de la «catastrophe»”

  1. Kosya Metoo Says:

    Tres bon article, c’est ce genre d’article qu’on devrais lire a la presse plus souvent, mais bof le monde est ce qu’il est…

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