Un peu d’argent jeté par les fenètres

C’est ce qui fait que les 1 % des Français les plus riches n’ont été taxés en moyenne en 2007 qu’à 20 % au titre de l’impôt sur le revenu, selon les éléments publiés le 1er avril dernier par l’Insee. Un taux qui a dû encore diminuer depuis, avec l’ajout de nombreuses « niches fiscales » supplémentaires et l’abaissement de 60 à 50 % du seuil du « bouclier fiscal ». Le « bouclier fiscal » ne constitue cependant que la pointe émergée d’un énorme iceberg : entre 2000 et 2008, ce ne sont pas moins de 24 milliards d’euros, 1,2 points de PIB, qui ont été perdus par l’Etat du fait des multiples réformes qui se sont succédées pour limiter les rentrées fiscales sur les revenus et les patrimoines des plus aisés. source

Douze milliards d’euros qui passent sous le nez de l’Etat. Au moment où le gouvernement fait les fonds de tiroir (lire pages précédentes) pour boucler un impossible budget, voilà qui ne manque pas de sel.
e coût de l’impéritie financière de l’Elysée s’élève donc bien à 12 milliards. Minimum, car le Crédit agricole et BPCE doivent encore rembourser leur dû. Une manne qui aurait été pourtant bien utile à l’heure où le trou budgétaire devient abyssal (140 milliards euros pour 2009). L’attaque est frontale, la défense faible : «Le gouvernement ne fait pas de spéculation», a rétorqué hier Christine Lagarde. Seulement du déficit.source

Le projet de loi de finances pour 2010 avait fait apparaître l’explosion du coût de l’exonération des plus-values de cession de titres de participation des entreprises entrée en vigueur en 2007.

Alors qu’il devait initialement être contenu à 1 milliard d’euros, l’impact budgétaire de cette exonération est passé de 3,4 milliards en 2007 à 12,5 milliards en 2008 puis encore 6,1 milliards en 2009, soit un total de 22 milliards de pertes de recettes fiscales en trois ans ! Devant un coût aussi élevé et l’absence d’explication, j’ai sollicité à deux reprises le gouvernement pour obtenir des informations. source

Donc, en deux secondes : 24 milliards + 12 milliards +22 milliards = 58 milliards, le tiers du déficit pourtant abyssal de cette année.

L’argent est la, pas besoin de baisser les retraitres ou les salaires, pas besoin de travailler plus longtemps, pas besoin de créer de nouveau impots pour le peuple.
L’argent est concentré dans les mains de peu de personne, il faut donc le leur prendre, normalement les impôts servent à cela…

C’est marrant comme les ouvriers ou les employés doivent s’adapter aux monde d’aujourd’hui et oublier leurs acquis sociaux tandis que les financiers et les 1% les plus riches ne doivent pas payer trop d’impôts pour être compétitifs. Donc on enlève le peu qu’ils ont aux pauvres et on laisse tout ce qu’on peut aux riches, trop bien comme système…

Je crois que chaque année ce sont 60 milliards d’euros qui sont donnés à des entreprises pour les aider à s’installer ou à se dévelloper, et la majorité pour des entreprise privées, le chiffre est énorme. source

Voila un article sympa de la  » Lettre du Lundi « , publié par Contre Info :

Les 4,2 millions d’euros perçus chaque année en salaire par Antoine Zacharias, l’ex patron de Vinci, équivalent à 2 500 euros par heure de travail. Comment peut-on décemment prétendre que cette somme rémunère les qualités ou le travail d’un individu ? Le procès Zacharias « pose en termes très directs d’une part la question de l’écart grandissant entre légalité et morale, d’autre part celle de la répartition de la richesse dans notre société » estime l’éditorialiste de la Lettre du Lundi dont nous reproduisons ci-dessous la tribune du 29 mars.

Par La Lettre du lundi, 29 mars 2010

En marge des grandes manœuvres à droite de l’échiquier politique – au sujet desquelles nous aurons probablement l’occasion de revenir dans de prochains billets – s’est déroulé cette semaine un événement d’une portée très symbolique : le procès d’Antoine Zacharias, ancien PDG de Vinci, devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

Antoine Zacharias était poursuivi par un petit actionnaire de Vinci qui lui reprochait non d’avoir été personnellement lésé par ses manœuvres (si le cours de l’action avait anormalement baissé, par exemple) mais un montant de rémunération « manifestement excessif et disproportionné » lorsqu’il était aux commandes du leader mondial du BTP : 4,2 millions d’euros de salaire annuel, près de 13 millions d’euros d’indemnités de départ, une retraite annuelle complémentaire de 2,1 millions d’euros… sans oublier des stock options lui permettant de se constituer un petit matelas d’une centaine de millions d’euros.

Avant de poursuivre plus avant, une mise en perspective : 4,2 millions d’euros de salaire annuel, c’est un peu plus de 2 500 euros par heure. En résumé, uniquement avec son salaire, Antoine Zacharias gagnait en 30 minutes la même somme qu’un smicard en un mois…

Bien sûr, et c’est sur ce point que reposait la défense de Zacharias, tout ceci était parfaitement légal : le comité des rémunérations de l’entreprise (certes nommé par Zacharias et c’était là le « maillon faible » de sa défense) et le conseil d’administration avaient approuvé le versement de ces montants.

Le tribunal correctionnel n’avait donc pas d’autre choix que d’acquitter Zacharias car la preuve de l’intention frauduleuse n’avait pas été apportée par le ministère public, lequel a cependant décidé de faire appel.

Au-delà de ce cas d’espèce, au demeurant très significatif, au-delà de la question de la rémunération des patrons, ce procès a une valeur symbolique, de prise de conscience : il pose en termes très directs d’une part la question de l’écart grandissant entre légalité et morale, d’autre part celle de la répartition de la richesse dans notre société.

On savait depuis longtemps qu’une décision, qu’elle soit judiciaire ou politique, pouvait être légale sans être pour autant morale ni légitime. Le sujet a fait couler beaucoup d’encre mais, depuis le début des années Sarkozy, ce n’est plus d’un écart entre légalité et morale qu’il faut parler, mais d’un véritable gouffre.

En effet, comment ne pas voir un parallèle troublant entre un Sarkozy dont une des premières décisions, à peine arrivé au pouvoir, a été de tripler son salaire et un Zacharias qui emploie des méthodes identiques dans la société qu’il dirige ? Légalement incontestable, moralement répugnante : c’est la formule qui résume sans doute le mieux l’attitude d’un Zacharias ou d’un Sarkozy face à l’argent. Une attente pourtant essentielle des citoyens, celle d’une rémunération « juste » pour le travail effectué, est évidemment totalement anachronique, presque « gentiment ridicule », face à des pratiques de malfrat dont l’exemple est donné au plus haut niveau.

Quid maintenant de la seconde question que soulève ce procès, celle de la répartition des richesses dans notre société ? Sur cette question essentielle, le silence des politiques est quasiment total. En fait, ils ont choisi de l’édulcorer en ne la traitant que sous des aspects parcellaires : bouclier fiscal, mesurettes visant à réglementer les « parachutes » dorés ou la réglementation des traders, réforme des donations, celle des retraites qui se prépare… mais, volontairement peut-on le supposer, aucune vue d’ensemble, aucune perspective générale. Ou alors, s’ils regrettent les inégalités croissantes, ils ne proposent pas d’objectifs chiffrés, se contentant de déclarations de portée générale, sans valeur contraignante.

La question qui leur est posée est pourtant fort simple : comment veut-on répartir la richesse en France ? Quel est l’objectif chiffré de nos politiques sur ce point, notamment de celles et ceux qui font étalage de leur « ambition présidentielle » ?

De la réponse à cette question découle sans doute une conséquence majeure pour les 30 prochaines années : soit nous continuerons à vivre dans une société républicaine digne de ce nom, soit nous assisterons à l’essor – sans doute déjà engagé – d’un « nouvel Ancien Régime » où, compte tenu de niveaux de richesse extrêmement disparates entre individus, le cloisonnement sera total entre une soi-disant « élite » richissime aux mœurs quasi-mafieuses, et un nouveau Tiers-état dont on n’osera pas prononcer le nom.

Les rédacteurs de la Lettre du Lundi se définissent comme « extrêmement préoccupés par l’évolution que prennent nos institutions, l’économie, les relations sociales » et désireux « d’offrir aux lecteurs de La Lettre un point de vue et une analyse que l’on ne retrouve pas souvent dans les médias grand public. »
Publication originale La Lettre du Lundi
contre info

Effectivement, il y a de quoi être préoccupé….
Normalement, à de tels niveaux d’inégalités, c’est la Révolution, mais je doute, les gens ne croient plus en rien, et ne savent plus ce qu’est le Courage.

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Une Réponse to “Un peu d’argent jeté par les fenètres”

  1. Rigel Says:

    Et oui on se fou de notre gueule puissance dix, travailler pour le smic dans ce pays c’est être une sous merde au regard des revenus de certains !

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