Une commission d’enquête grippe H1N1 au Sénat ?

Mesdames, Messieurs,

La pandémie grippale annoncée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une catastrophe sanitaire de première grandeur comparable à la grippe espagnole de 1919 s’est révélée beaucoup moins grave que prévu. Elle a causé en France la mort de 263 personnes, soit 10 fois moins que la grippe saisonnière.

Nous ne pouvons que nous en réjouir, mais force est de constater que ce dénouement heureux a pris à contre-pied les experts et le Gouvernement qui avaient préparé la population au pire. Ce climat de peur que l’on veut encore faire perdurer aujourd’hui alors que l’épidémie est terminée – ne parle-t-on pas d’une deuxième vague ? – a été délibérément suscité et entretenu depuis le début, malgré les informations de plus en plus rassurantes en provenance notamment de l’hémisphère Sud.

Cette dramatisation, déconnectée de la réalité vécue par les Français, n’est sans doute pas étrangère à leur scepticisme et à leur manque d’enthousiasme à se faire vacciner. Ils avaient en outre au moins une autre raison de ne pas se sentir concernés, c’est de n’avoir à aucun moment été associés à la gestion de cette crise, comme si cette grippe était la chasse gardée d’un cercle restreint d’experts gravitant autour de la Présidence de la République et du ministère de la santé. L’éviction des médecins libéraux de la pratique de la vaccination est significative de cette conception technocratique de l’élaboration des décisions et de leur mise en oeuvre.

C’est dans ce contexte qu’ont été prises un certain nombre de mesures incohérentes et disproportionnées dont le seul fondement assumé semble être – si l’on en croit le Président de la République – le principe de précaution. En l’occurrence, un tel niveau de précaution confine à l’irresponsabilité ou plus précisément au refus de prendre ses responsabilités, comme si le principe de précaution permettait de s’en affranchir.

De plus, comment peut-on sérieusement invoquer ce principe sans être soupçonné de l’instrumentaliser quand par ailleurs on le foule au pied en acceptant d’utiliser à grande échelle des vaccins dont les États-Unis ne veulent pas parce qu’ils n’ont pas encore fait la preuve de leur efficacité et de leur innocuité ? En imposant ainsi des vaccins qui sont l’objet de controverses, le Gouvernement risque d’induire chez certains le rejet de toute vaccination.

Cette gestion calamiteuse marque la faillite d’un système qui repose essentiellement sur des experts recrutés moins pour leurs compétences que pour les liens qu’ils entretiennent avec l’industrie pharmaceutique. C’est sans doute la raison pour laquelle, à la différence de leurs collègues économistes qui ne voient pas venir les crises, ils les inventent pour le plus grand bénéfice des fabricants de vaccins et d’antiviraux.

Les profits des laboratoires générés par cette crise sont en effet colossaux ; les dépenses engagées par la collectivité nationale sont à l’avenant. Deux milliards et demi d’euros, c’est beaucoup pour une grippe fantasmée ayant entraîné la constitution de stocks faramineux de vaccins, d’antiviraux et de masques qu’on n’utilisera jamais !

Pour tenter de comprendre le rôle joué par l’industrie pharmaceutique, conformément à l’objet de la commission d’enquête dont nous demandons la constitution, il est indispensable d’examiner les conditions dans lesquelles l’OMS a élaboré ses recommandations relatives à cette pandémie compte tenu des conséquences qu’elles impliquaient pour le Gouvernement.

La gestion de la crise par l’OMS.

Cette gestion est de plus en plus critiquée. L’annonce faite le 12 janvier 2010 qu’il allait être procédé à une évaluation externe de l’action de l’OMS en est le témoignage. Il existe actuellement de nombreuses incertitudes concernant les conditions dans lesquelles l’alerte pandémique a été déclarée.

L’OMS aurait procédé au mois de mai dernier à une modification des critères entrant dans la définition d’une pandémie. Cette nouvelle définition privilégie la vitesse de propagation du virus au détriment de sa virulence, caractérisée notamment par sa létalité. La vitesse de propagation du virus ne suffit pas à caractériser la gravité d’une pandémie. C’est pourquoi cette nouvelle définition est contestée par de nombreux épidémiologistes dont le Professeur JEFFERSON qui a accordé le 21 juillet dernier un entretien sur ce sujet au journal der Spiegel, dans lequel il déclarait : « Selon l’ancienne définition, il devait s’agir d’un nouveau virus, qui se propage rapidement, pour lequel il n’y a pas d’immunité et qui présente un fort taux de mortalité et de morbidité. Maintenant que les deux derniers critères ont été abandonnés, il est possible de classer la grippe porcine parmi les pandémies. »

Cette nouvelle définition était taillée sur mesure pour le virus H1N1 qui tue très peu, mais se transmet très facilement. On peut même avancer, sans risque de se tromper, qu’en l’absence de cette modification, jamais la grippe A (H1N1)v n’aurait pu être classée comme pandémie.

Il ne faut pas oublier que l’alerte pandémique, en vertu des accords passés entre l’OMS, l’Europe et les laboratoires au lendemain de la grippe H5N1, crée une situation d’exception dérogatoire au droit commun, particulièrement avantageuse pour les fabricants de vaccins. Il est donc particulièrement important de savoir si cette modification a bien eu lieu, à quel moment et dans quelles conditions.

Le 11 juin 2009, Margaret CHAN, Présidente de l’OMS, déclare l’alerte pandémique de niveau 6, le plus haut qui existe, impliquant que les États membres (193 au total) sont obligés de lancer une campagne de vaccination de masse. Bizarrement, le jour même de son discours, Margaret CHAN déclare : « Sur la base des preuves actuelles, une majorité écrasante de patients éprouve des symptômes doux et ont un rétablissement rapide et complet, souvent en l’absence de traitement médical », ajoutant que « dans le monde entier, le nombre de décès est faible… Nous ne nous attendons pas à voir un bond soudain et dramatique dans le nombre d’affections graves ou mortelles. »

De tels propos laissent perplexes car ils ne cadrent pas avec une pandémie de niveau 6.

Margaret CHAN a pris sa décision après avis du « Strategic Advisory Group of Experts » – le SAGE – qui regroupe les experts de l’OMS et qui est présidé par le Professeur Albert OSTERHAUS, surnommé « Docteur FLU ». Celui-ci est aussi Président du « European Scientific Working Group on Influenza » – ESWI – principal groupe européen travaillant sur la grippe, financé exclusivement par les géants pharmaceutiques.

Cet exemple, qui n’est pas isolé, pose le problème de la nature des liens qu’entretiennent les experts de l’OMS avec l’industrie pharmaceutique. Les experts sont censés participer aux délibérations de façon totalement indépendante et impartiale et déclarer tout conflit d’intérêts, mais ces déclarations ne sont pas accessibles au public.

On peut aussi s’interroger sur les raisons qui ont conduit l’OMS à ignorer systématiquement les données ou les informations qui risquaient de mettre en porte-à-faux son discours alarmiste. Citons deux exemples :

1/ Le 22 mai 2009, dans une conférence de presse, Nancy COX, docteur en microbiologie et directrice de la division grippe du Center for Disease Control (le CDC), estimait qu’il n’y avait pas d’indices permettant de penser que cette grippe A (H1N1)v aurait une particulière gravité supérieure à celle de la grippe saisonnière. Cette conférence de presse n’a eu aucun écho ;

2/ À partir du mois d’août, nous avons eu connaissance des informations rassurantes provenant des pays à climat tempéré de l’hémisphère Sud, comme la Nouvelle-Zélande, où il s’avérait, l’hiver touchant à sa fin, que ces pays n’avaient pas vécu la catastrophe annoncée. Bien au contraire, comme six mois plus tard en Europe, la grippe A (H1N1)v avait été dix à vingt fois moins meurtrière que la grippe saisonnière.

À partir de tous ces éléments, on peut mettre en doute la pertinence des appréciations portées sur cette crise par l’OMS et estimer qu’elles ont péché par excès de pessimisme.

]…[

Au terme de ce rapide examen, nous disposons d’un nombre d’indices suffisant pour avancer l’hypothèse que les organisations sanitaires internationales et les États, à l’exception notable de la Pologne, ont été les instruments d’une gigantesque manipulation qui a eu pour effet de transformer une épidémie de grippe banale en une pandémie de niveau 6 pour le plus grand profit des firmes pharmaceutiques. Reste à déterminer maintenant le rôle qu’elles ont effectivement joué dans cette affaire. C’est précisément l’objet de cette proposition de résolution visant à la création d’une commission d’enquête.

suite senat.fr

C’est trop bon, ce député reprend les arguments des  » conspirationnistes « , il pointe les mêmes incohérences et les mêmes soupçons de corruption.
Nous verrons bien, en tout cas, merci à ce député M. François AUTAIN de faire son travail…

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Une Réponse to “Une commission d’enquête grippe H1N1 au Sénat ?”

  1. Raven Says:

    fonzi, tu as raté ça: http://www.maxisciences.com/grippe-a/grippe-a-creation-d-une-commission-d-enquete_art5898.html
    en gros, ils veulent savoir quel influence a eut la campagne anti vaccin (càd nous et autres bloggeurs pour la vérité). pourquoi demande t’il une enquête? si ce n’est pour mieux nous baiser la prochaine fois.

    Aussi cet autre article: http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/29/vaccination-l-echec-a-mediter-par-gerard-bapt_1298460_3232.html

    Je cite: »quelle stratégie vaccinale est à mettre en œuvre face à la prochaine pandémie virale ? Et comment expliquer la décision politique, pour entraîner l’adhésion de la population ? »
    Donc tu vois, il y a des questionnement des médias alignés sur le pourquoi du fiasco de la campagne de vaccination, autant sur la gestion du gouvernement que sur ce fameux refus de la population à se faire vacciner, bref pourquoi c’est con de populeux n’ont pas obéis comme c’était prévus !
    tu peux en faire un article si tu veux, tu as plus d’audience que moi 😉
    bonne continuation à toi.

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